Il y a quelques semaines, le pape Léon XIV a fait le buzz dans le monde catholique (et évangélique). Il parlait des grands enjeux de société et a déclaré que les enjeux de justice passaient bien avant les questions de morale. Bravo au pape Léon qui égratigne au passage les nationalistes chrétiens américains. En effet, lorsque l’extrême droite se dit chrétienne, elle ne retient rien de la prédication de Jésus mais s’appuie sur les petits bouts de versets mal interprétés qui lui permettent de cloisonner la société en condamnant, excluant et divisant de sorte que ses véritables buts sont moins facilement discernables. Ce qui pose à nouveau la question de la lecture de la Bible et de son autorité. La Bible, je la lis, je la connais plutôt bien, je la médite. A l’occasion, je vous choisis des textes qui me semblent correspondre à ce dont vous avez besoin. Confrontée à d’autres autour d’un texte, je m’en trouve toujours enrichie. Je fais souvent spontanément des corrélations entre la vie et la Bible, entre le monde et les Écritures. Chaque dimanche, et bien plus souvent encore, j’essaie de trouver pour nous tous dans les mots des Écritures une Parole qui fait sens pour nos vies ici et maintenant… mais la Bible n’est pas au centre de ma vie.
Celui qui est au centre de mon existence, c’est le Christ ressuscité et ce n’est pas du tout la même chose. La Bible n’est qu’un moyen de le rencontrer, un moyen de découvrir la Parole de Dieu inscrite au cœur de ces mots écrits par des humains d’époques et de cultures très différentes. Pour cela, j’ai besoin de l’aide de Dieu lui-même. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous prions qu’il nous envoie son Esprit avant la lecture biblique pendant le culte. La Bible ne me donne pas le mode d’emploi de ma vie. Certes, il s’y trouve des paroles directement compréhensibles mais tout compte fait, ces paroles sont rares. Nous interprétons en permanence les Écritures, même lorsque nous ne nous en rendons pas compte. Le traducteur lui-même est interprète. Si vous lisez certains psaumes dans trois traductions différentes, vous aurez l’impression de lire trois poèmes différents. Même le Nouveau Testament ne me donne pas le mode d’emploi de ma vie. Sinon, je ne serais pas devenue pasteure, puisque d’après un verset écrit par l’apôtre Paul, les femmes doivent se taire dans les assemblées (1 Corinthiens 14, 34).
Celui qui est au centre de ma vie, c’est le Christ ressuscité. Dans la prière, je trouve dans la lecture des Écritures ce qui peut me guider, je cherche la réponse non pas à la question « Que dit la Bible à ce sujet ? » mais « Que ferait Jésus dans cette situation ? » La Bible est le moyen par lequel je reçois le témoignage que d’autres avant moi ont vécu l’amour et le pardon de Dieu. Dans la prière, je peux moi-aussi les recevoir. La lecture de l’Évangile m’apprend que le Christ est prêt à porter avec moi les fardeaux que je ne peux pas porter seule mais il faut que je les lui remette dans ma prière. Dans les moments de faiblesse et de doute, les paroles de Jésus à ses disciples me renvoient à tous les moments où j’ai reçu sa force et où sa présence a été mon soutien. En effet, si c’est dans la Bible que je lis « Quant à moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde », c’est dans ma vie que le Seigneur ressuscité m’accompagne et me soutient.
Anne Petit, pasteure