« Il nous faut non seulement aimer l’Evangile, contempler l’Evangile, apprendre l’Evangile, vivre l’Evangile, souffrir l’Evangile, mais encore, avec notre chair et notre sang, continuer l’Evangile. »
C’est avec ces mots de la Règle de Reuilly (Diaconesses) et la prière, que Caroline Bauer, responsable nationale, et Caroline Bretonnes, responsable régionale pour la formation des membres de l’Eglise, nous ont invités à entrer dans la dynamique d’une église de témoins. Témoins de ce que Dieu fait dans nos vies, dans un monde déchristianisé, témoins de Jésus-Christ dans nos familles. Et voilà que le traditionnel tour de table pour faire connaissance, s’est spontanément transformé en témoignages des traces de Dieu dans notre histoire ! Joie du partage en confiance avec des frères et des sœurs, des expériences de foi que nous avons tous eues ! Et beauté de la diversité des parcours, de leur rudesse parfois, mais accompagnée !
Nous étions 12, dont une paroissienne de Rambouillet, par une belle journée, qui nous a permis de faire les ateliers dans le jardin de Jouy.

Le témoignage, ce n’est finalement pas si compliqué ! Certains (beaucoup !) témoignent par des actes exprimant l’amour du prochain. Mais il est bon de dire aussi pourquoi je fais telle ou telle chose. D’autres, témoignent par la musique. D’autres encore dans leur façon d’être, de vivre la fidélité… Il y a tant de manières de décliner la foi dans un service !
Savez-vous qu’il y a 47 fois l’idée de rendre témoignage dans l’Evangile de Jean ? Mais l’appel aux disciples à être témoins n’arrive qu’à la fin : c’est d’abord l’affaire de Dieu, Lui qui impacte nos vies ! « Le Christ qui est dans le visage de l’autre, est plus vrai que celui qui est dans mon cœur », a dit D. Bonhoeffer. Le témoignage est une histoire de rencontre(s). Nous avons travaillé en groupes les histoires des rencontres de Jésus avec la Samaritaine (Jean 4, 1-42) et avec l’aveugle de naissance (Jean 9, 1-41). Et nous avons vu comment ces récits passent du langage ordinaire de la vie au registre existentiel.
L’après-midi, en petits groupes, nous avons travaillé sur le positionnement du témoignage par des jeux de rôle. Nous avons pris conscience de nos peurs, nos pudeurs, nos confusions et notre confrontation à certaines contraintes sociétales. J’avoue que cet exercice n’a pas été facile pour moi : il demande beaucoup d’écoute, de bienveillance et de remise en question personnelle.
En conclusion de la journée, nous avons tiré 4 et même 5 règles d’or du témoignage :
- Ecouter l’autre, et rester dans l’écoute
- Parler en « je », et rester authentique
- Parler de notre expérience et non d’idées générales
- Utiliser un langage accessible (pas de « patois de Canaan »)
- Trouver le « bon moment ». « Ne parle de l’Evangile que quand on te le demande. Mais agit de telle sorte qu’on te le demande. » Saint Augustin