L’Esprit nous qui nous mènera là où il veut !

L’Esprit souffle où il veut; tu l'entends, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de quiconque est né de l'Esprit. (Jean 3, 8)

En ce mois où nous allons fêter Pentecôte, il est bon de nous souvenir que l’Esprit est plus que Pentecôte. Le verset que j’ai cité provient du récit de la rencontre de Jésus et de Nicodème dans l’évangile de Jean. Les traductions choisissent généralement « le vent souffle où il veut ». Mais en grec, comme en hébreu, c’est le même mot qui dit « vent » et « Esprit ». Nous réduisons le propos de Jésus en n’y voyant qu’une comparaison entre le vent et ceux qui sont « nés de l’Esprit ». L’Esprit les pousse où il veut et personne, ni celui qui est poussé, ni les autres, n’a la maîtrise de ce mouvement.

L’Esprit souffle où il veut, et nul ne sait d’où il vient, ni où il va. Personne ne peut décider à la place de Dieu, personne ne peut enfermer, canaliser son Esprit. S’il est descendu sur les disciples le jour de la première Pentecôte, ces derniers n’en sont ni les dépositaires, ni les propriétaires. Jésus offre à tous de « naître de nouveau », de naître de l’Esprit. C’est que si Dieu est libre, nous le sommes aussi. Dans le quatrième évangile, il est beaucoup question de jugement, il est beaucoup question de foi : celui qui croit ne vient pas en jugement dit l’évangéliste. La foi est un choix pour Jean. Choix en grec, c’est aussi le mot qui dit jugement, encore un mot piégé pour le traducteur… Choisir, c’est juger. Ainsi donc, celui qui décide de croire, qui décide de naître de nouveau bénéficie de la vie éternelle. Inversement, celui qui choisit de ne pas croire ne vit qu’une vie biologique hantée par la finitude de la mort.

Cela a de quoi nous surprendre, nous qui pensons que tout vient de Dieu, y compris la foi. Pourtant, à y regarder de plus près, les auteurs du Nouveau, tout comme ceux de l’Ancien Testament témoignent de la même réalité : « j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie » (Deutéronome 30, 19). Nicodème, le savant théologien qui vient voir Jésus en cachette est mis par Jésus lui-même devant ce choix. Tout son savoir ne lui sert à rien, il est impossible de concilier deux approches de la foi en Dieu radicalement différentes : la première qui consiste à suivre des règles bien définies et la seconde de choisir l’inconnu en faisant confiance à Jésus, en mettant sa foi en lui.

Tout vient effectivement de Dieu mais le choix nous appartient : à nous d’accepter cette vie qu’il nous donne. A nous de choisir de confier nos vies à l’Esprit qui nous mènera là où lui veut, sur le chemin de la vie éternelle.

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