Retour sur la rencontre avec Stéphane Lavignotte

Nous étions une bonne cinquantaine, catholiques de Viroflay, protestants « des 3 temples » et peut-être d’autres confessions réunis ce soir du 5 février sur ce thème au temple de Viroflay. L’espérance est pour beaucoup un ressenti général, flou, imprécis. Et si elle devenait moteur de nos vies de chrétiens, tout comme peuvent l’être la Foi ou  la Charité ?
Stéphane Lavignotte, actuellement Professeur d’éthique à la faculté de Théologie de Bruxelles, prépare un document sur ce sujet.

Il nous fait l’honneur de sa première conférence sur ce thème. Après une brève présentation de son parcours, il a commencé par nous demander de réfléchir nous-même en petits groupes puis de présenter à tous les idées forces qui se sont exprimées. Nous avons retrouvé beaucoup d’entre elles dans l’exposé dont l’essentiel est ci-dessous :
L’espérance traverse et caractérise le christianisme : « Foi, Espérance et Charité » résumait Saint Paul….. Depuis la résurrection, l’espérance s’est manifestée dans notre histoire en 4 périodes. En résumé ! Au départ, les chrétiens étaient persuadés que le Christ allait revenir très vite, et qu’il fallait accélérer sa venue par leur comportement personnel et avec autrui. Mais le Christ ne venait pas… alors il a fallu, soit s’installer dans le temps, donc s’organiser en créant des institutions, soit tout vouloir révolutionner. Les 2 ont existé, toujours espérant installer le royaume de Dieu  sur terre. Dans les années 1960, intervient un événement radical et planétaire: l’angoisse d’un effondrement résultat d’une guerre nucléaire! Celle ci s’accompagne de la « théologie de la mort de Dieu ». Heureusement, le «catastrophisme éclairé»  a évité la catastrophe rapidement probable. Depuis les années 1980, la planète entière entame une nouvelle période : la déstabilisation du climat, d’où l’angoisse du non-sens qui nous menace tous. En réaction, une nouvelle espérance se constitue : si on s’organise maintenant, les situations sont réversibles, des retournements devenant possibles.
En ont résulté quatre possibilités, en s’inspirant de beaucoup de nos prédécesseurs, pour la survie de l’humanité.

Première possibilité : agir, participer. Et on y trouve du sens : notamment par l’entraide, le soutien mutuel, car seul on est inopérant. S’il arrive que rien ne change, on découvre, avec Dietrich Bonhoeffer, par le fait de suivre Jésus Christ, que « l’espérance est devant nous ».

Deuxième possibilité : quand j’agis, je découvre que je me rapproche de Dieu ! (Jacques Ellul, l’espérance oubliée). Martin Luther King, Gandhi et tant d’autres nous apprennent que mystérieusement, un élément radicalement nouveau intervient dans la lutte.

Troisième possibilité : malgré ses horreurs, la vie vaut la peine d’être vécue ; en témoignent par exemple  les lieux que nous connaissons où la fraternité remplace la haine.

Quatrième possibilité : l’espérance démocratique. Résister pour maintenir l’état de droit menacé, identifier les écrous à serrer, constituer des pôles de résistance, des minorités actives…

Saurons-nous en être, nous, les chrétiens ? Dépassons le pessimisme de la réalité en vivant l’optimisme de l’action collective. Et souvenons nous que les disciples ont attendu 3 jours pour découvrir la résurrection du Christ!

A titre personnel, j’ai beaucoup apprécié qu’avant l’exposé, Stéphane Lavignotte nous permette de réfléchir nous même sur ce thème et d’exprimer ce que nous ressentions. Cela nous a rendu plus perméables aux éléments de sa propre démarche, et nous a fait comprendre combien l’espérance est motrice dans notre comportement quotidien et dans nos engagements.

 

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