Partager ses biens mais comment ?

Lors de notre dernière rencontre de prière où nous échangions autour des rencontres de Jésus avec ses premiers disciples (Jean1), une participante a évoqué Zachée, ce collecteur d’impôt méprisé de tous qui grimpe dans un arbre pour voir Jésus passer et que Jésus regarde.

« Jésus lui dit : Aujourd’hui le salut est venu pour cette maison, parce que lui aussi est un fils d’Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Jésus ne parle pas de pécheur. Il parle de personnes qui se sont perdues. Zachée s’est perdu. Aujourd’hui, il n’existe plus de pécheur par profession, comme l’était Zachée. Par contre, aujourd’hui encore, combien de personnes sont perdues ? La bonne nouvelle garde toute son actualité, même si le contexte est différent. Jésus proclame que Dieu s’avance vers nous et nous propose un chemin. Autrefois, on parlait de droit chemin. Etaient perdus ceux qui s’en écartaient. Aujourd’hui, on parle simplement de chemin, pour ceux qui ne trouvent plus de direction pour leurs vies.

Aujourd’hui, le salut est venu pour cette maison : Cet aujourd’hui, qui est l’aujourd’hui de l’histoire est aussi pour nous maintenant. Aujourd’hui, c’est à la fois le moment décisif de la rencontre avec le Christ et le marqueur temporel le plus familier. Aujourd’hui, c’était quand le Seigneur est venu chez moi pour la première fois. Cet « aujourd’hui » là est un souvenir fort de ma vie de foi. Mais « aujourd’hui », c’est aussi ce matin, comme c’était hier, comme ce sera demain. Il n’y a pas dans nos vies une rupture définitive. Certes, la foi permet de donner sens à nos existences, mais nous ne sommes que des humains et nos manquements ressurgissent si vite. Aujourd’hui, c’est chaque jour. Chaque jour, sans le vouloir, même si nous nous efforçons de suivre le chemin, nous nous écartons de Dieu. Nous perdons confiance et avons peur de l’avenir, ce qui nous entraîne à fermer nos portes et nos cœurs. Nous nous méfions de notre prochain au lieu de l’accueillir. Nous jugeons nos voisins et critiquons nos frères et sœurs. Chaque jour, nous avons besoin que Christ s’avance vers nous. C’est une nécessité, c’est vital. Seule sa présence nous permet de vivre un peu de cet évangile pour lequel il est mort. Seule sa présence nous rapproche de Dieu et nous rapproche les uns des autres. Seule sa visite nous rappelle la paix promise. Seule la communion renforce notre fraternité.

Ne nous y trompons pas. Aujourd’hui, nous avons tous besoin de la présence du Christ qui est venu, vient et viendra sauver ceux qui sont perdus. Si nous le recevons, nous pourrons nous réjouir avec lui des frères et sœurs qu’il nous donne. Alors nous pourrons nous réjouir avec lui et partager cette joie comme Zachée a partagé ses biens. Alors, pourquoi pas, nous pourrons nous aussi partager un peu de nos biens avec ceux qui n’ont rien, qu’ils vivent ici ou au bout du monde.

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