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Conte de l’Avent
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Ce n’est plus un conte, c’est arrivé !
Ils venaient de loin, d’un pays qu’on ne situe pas très bien sur une carte, avaient–ils traversé la mer sur une chaloupe surchargée, avaient-ils traversé la France, en cachette, à pieds, en stop ? je ne sais pas, sans papiers, migrants, démunis, Ils devaient se rendre à la préfecture pour tenter d’obtenir le droit d’asile, ou du moins des papiers permettant de rester en France.
la femme s’appelait Riema et son compagnon Jeph
Au départ ils avaient assez d’argent pour rejoindre des membres de leur famille déjà installés à Paris. Mais au cours de leur voyage qui avait pris beaucoup de temps, ils avaient tout perdu, et en plus, la femme avait été violée et de ce viol se trouvait être enceinte.
Son compagnon, Jeph, était un homme droit, il ne l’avait pas abandonnée, mais il avait promis de la garder près de lui et de la protéger.
Alors qu’ils approchaient de la ville, le temps où Riema devait accoucher arriva.
Il faisait nuit de bonne heure, car c’était l’hiver ; je crois même qu’on était le 24 décembre… ils étaient fatigués, alors qu’ils pensaient trouver un petit hôtel : il n’y avait pas de place pour eux dans aucun des hôtels alentours. Il faut dire qu’ils avaient l’air louche : des étrangers, de couleurs, parlant mal le français, sans trop de bagages, sales sans doute…
BREF : refus partout, il ne restait donc comme solution que la rue, les encoignures de portes, les parkings ????
J’ai oublié de vous dire qu’ils voulaient aller à la préfecture de Versailles pour se faire inscrire, mais finalement c’est à Vélizy 2 qu’ils sont arrivés. Le parking du centre commercial était vide les magasins fermés, il était tard, il faisait froid, il faisait nuit
Alors ils se sont fabriqué un semblant d’abri avec leurs vêtements, entre une camionnette et une deux CV,
Ils se sont assis, pendant qu’ils étaient là le temps où elle devait accoucher arriva et elle mit au monde son fils premier né, l’emmaillota et le coucha dans un caddy. Parce qu’il n’y avait pas de place pour eux nulle part.
Il y avait dans la région des livreurs d’ Au-chan, qui avaient travaillé toute la nuit pour chercher la viande de mouton à Rungis, et comme ils étaient là, ils se trouvèrent tout d’un coup entourés des lumières brillantes des phares, et au milieu de bruits de klaxon et de sirènes.
Ils eurent très peur. MAIS un agent de la sécurité leur dit : n’ayez pas peur
Car ce n’est pas un accident, mais voici une grande et bonne nouvelle, et qui portera bonheur à tous : un enfant est né, dans la ville de Vélizy, vous allez le trouver dans ce coin de parking , il est couché dans un caddy.
La mère et l’enfant se portent bien, Lorsque les agents de la sécurité se furent éloignés pour retourner à leurs bases, les livreurs se dirent les uns aux autres : Allons voir ce qui est arrivé.
Ils y allèrent donc, et ils trouvèrent Riema et Jeph, et le petit enfant couché dans le caddy. Comme les agents leur avaient dit ; ils leur donnèrent de la nourriture , ils apportèrent des présents ;
Alors ils envoyèrent des sms, des mails autour d’eux, chacun était surpris. La télé s’empara de la nouvelle…
L’enfant étant né sur le sol français, le maire, le préfet, le ministre, furent avisés et guidés par le GPS, se sont rendus sur les lieux. Le président leur avait dit : allez prenez des informations exactes sur ces gens, et rapportez moi qui est ce bébé qui vient de naitre, j’irai le voir aussi. Mais en réalité il pensait qu’il y avait trop d’étrangers en France, qui allaient tôt ou tard prendre la place des français, prendre leur travail, leur pain… et un jour l’un d’eux deviendrait président…
Alors le ministre, le préfet, le maire donnèrent des ordres au Samu, au CASP, à la Croix Rouge… pour qu’on apporte des vêtements chauds, des produits d’hygiène et de la nourriture… Et puis, un peu plus tard, Jeph prit Riema et le petit enfant, et ils s’enfuirent vers le nord … pendant que le centre commercial s’allumait au son de « petit papa Noël »….
Mais les trois notables ne dirent pas tout au président, de peur que le gouvernement ne décide de les faire repartir dans leur pays, ou de les enfermer quelque part. ils repartirent par un autre chemin ; Chacun repris sa route de son côté et par un autre chemin, regagna sa maison, sans passer par la capitale, en se demandant qui était ce nouveau–né ? à quel avenir était-il promis ?
Quelle serait sa vie ?
Et qui sait si cet enfant, n’était venu, que pour nous tracer la route de l’accueil, du partage, de la vie. Comme un autre enfant, (Jésus) l’avait fait 2025 ans plus tôt ?