La foi, l’amour et l’espérance

Celui qui boira de l’eau que, moi, je lui donnerai, celui-là n’aura jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira pour la vie éternelle. (Jn 4, 14)

Pour le lecteur de la Bible, le puits est le lieu de nombreuses rencontres, entre humains ou avec Dieu. Jésus se trouve au bord d’un puits lorsqu’il adresse cette exhortation à une Samaritaine. Cette femme est pourtant bien peu recommandable. C’est pour cela qu’elle cherche de l’eau en plein midi et non pas tôt le matin ou tard dans l’après-midi, quand il fait moins chaud. Avec ses cinq maris – qu’on espère successifs– et son amant, elle est sans nul doute considérée comme une pécheresse par ses voisins qui obéissent à la loi de Moise tout comme les Juifs.
Pourtant, c’est à cette femme à la réputation douteuse que Jésus fait cette proposition. Et elle va reconnaitre en lui le Christ, elle va en témoigner à ses voisins. Va-t-elle pour autant changer de vie ? L’évangéliste ne nous le dit pas. La Bonne Nouvelle n’est pas une affaire de morale, mais une exhortation à la foi.

L’eau métaphorique que Jésus nous propose, c’est la source du salut du prophète Ésaïe (Es 12, 3), à laquelle les croyants sont invités à puiser avec joie. C’est aussi l’eau de notre baptême, signe de cet amour de Dieu qui nous est offert sans condition. Si nous acceptons le don qu’il nous fait, alors la foi nous permet cette vie à Dieu qu’est la vie éternelle.
Notre vie transformée par la foi peut en apparence ressembler à notre vie d’avant. Pourtant, au-dedans de nous, nous savons que quelque chose a changé, que Christ nous appelle à transformer notre regard sur le monde et sur les humains qui le peuplent.

Avec la foi naît l’amour fraternel. Reconnaître en l’autre un frère ou une sœur à soutenir et qui nous soutienne, partager avec elle ou lui nos joies et nos peines est une expérience unique dans notre monde, que nous pouvons vivre parce que Christ nous a appelés et que nous avons répondu à cet appel.

Avec la foi nait l’espérance. L’espérance est la force que Dieu nous donne de rester debout, d’avancer envers et contre tout. Agir quand tout paraît perdu, vivre une vie riche de sens alors que la vie matérielle n’est plus que non-sens ou impasse. L’espérance nous met debout et debout nous marchons, certes sur le chemin matériel de nos vies mais aussi plus proches les uns des autres et plus proches de Dieu. Je vous invite à échanger autour de ce sujet le 5 février avec Stéphane Lavignotte, pasteur, théologien et professeur à la faculté de théologie protestante de Bruxelles mais aussi créateur et directeur de Mission populaire évangélique.

Pasteur Anne Petit

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